La conférence de Jean-Marie PETITCLERC


« ENFERMER OU EDUQUER » le vendredi 11 janvier 2008 à l’IPAG
Je suis arrivée à 20h, il y avait du monde dans le hall, des discussions personnelles... Des livres du conférencier étaient proposés à l’entrée par la librairie La Procure (j’ai acheté Education non violente, comprendre, prévenir, enrayer la violence, éditions Saint Augustin). Nous sommes entrés dans la salle, un amphithéâtre spacieux, qui était bien rempli sans être complet, et nous avons rapidement appris que l’avion de notre conférencier n’avait pu atterrir à Nice du fait du mauvais temps... Les organisateurs nous ont proposé d’atten- dre son arrivée en car depuis Marseille et une vingtaine de personnes ayant choisi de le faire, une rencontre plus brève a été décidée. Finalement, nous nous sommes retrouvés à 22h30, une quarantaine de personnes, à débattre avec Jean Marie
PETITCLERC jusqu’à 23h45.
Jean-Marie PETITCLERC est prêtre salésien de Don Bosco, polytechnicien et éducateur spécialisé. Il a fondé l’association « Les Messagers », puis l’association pour la promotion des métiers de la ville, « Promévil ». Il dirige actuellement, à Argenteuil, l’Institut de for- mation aux métiers de la ville (IPMV) et est chargé de mission auprès de la Ministre de la ville Christine BOUTIN. Il est l’auteur de nombreux articles et ouvrages, dont Les nouvelles délinquances des jeunes (Ed. Dunod 2000) et Pratiquer la médiation sociale, un nouveau métier de la ville au service du lien social (Ed. Dunod « collection Action Sociale » 2002)
Il permet chaque année à 7 polytechniciens de venir habiter dans des logements de fonc- tion au sein des quartiers difficiles pour travailler, dans le cadre de leur service civil, dans l’association Valdocco, qu’il a fondée.

Parmi les idées forces qu’il a développées :


• rétablir la crédibilité des porteurs d’autorité : famille, école, rue


• favoriser la mixité sociale


• c’est l’éducation qui fait que l’on peut s’écouter et se parler


• respecter le jeune, ne pas l’identifier à ses actes. Parler non de « jeunes délinquants » mais de « jeunes ayant commis des délits »


• sanctionner dès le premier acte, ce qui responsabilise. La sanction est éducative


• donner des valeurs comme celle sacrée de la vie


• supprimer la carte scolaire


• construire des logements aidés en centre ville ou dans les quartiers favorisés


• repenser la politique de la ville. Celle-ci ne doit pas être axée uniquement sur un travail à l’intérieur des quartiers ; elle doit s’ouvrir sur des actions qui permettent aux jeunes d’en sortir et d’intégrer des personnes « différentes » dans les quartiers difficiles comme celle de mettre un lycée international dans une zone urbaine sensible.


J’ai posé le problème de la fuite des élèves les moins fragiles à l’ouverture de la carte scolaire. Il a reconnu que rien n’est simple, que beaucoup de jeunes enseignants débutent dans les « quartiers », (où le turn-over est grand). Il a conclu qu’il ne suffit pas de supprimer la carte scolaire mais qu’il faudrait permettre des arrivées d’enfants d’autres milieux dans les secteurs difficiles.


La qualité de l’intervention ouverte et chaleureuse a compensé la brièveté et l’heure tardive


Catherine TRAYNARD Réeducatrice de l’Education Nationale en poste à l’Ariane Sud.